vendredi 19 août 2016

Tempête sur Nogales

Grâce à Thierry Berlanda



Les éditions NL sortent Tempête sur Nogalès en deuxième édition, avec une nouvelle couverture.
L'occasion m'est ainsi donnée de ressortir cette note où je disais tout le bien que je pensais de ce roman.

 
Présentation de l'éditeur 
Sur la route de Tombstone à Nogales, à la frontière entre l’Arizona et le Mexique, 
sous un soleil de fonte, une tempête se prépare. Tempête de sable, de vent, de souvenirs. 
Avec dans la ligne de mire le snack de Jess, planté au mile 88, en plein désert. 
Et tous, sans exception, aussi bien Dennewich – l’odieux patron du cabaret à filles –, 
que les chauffeurs de la compagnie de trucks locale et que la population entière s’agitent 
de plus en plus à mesure qu’approche avec la tempête une Pontiac noire, tel un funeste présage.  Pour quelle raison ce mystérieux attelage terrorise-t-il Jess, ange blond à la voix 
de chanteuse Black et au passé enfoui ? Le gosse – un pauvre type éperdument 
amoureux d’elle – et son vieux pote Holly, seront-ils de taille à la protéger ?  
À moins que la belle ne préfère l’aide de Cooper, un nouveau chauffeur qui ne la laisse pas indifférente. Les âmes égarées ont-elles droit à une seconde chance, ou dans cette arène aux allures  de tombeau ouvert, la poussière doit-elle nécessairement retourner à la poussière ?




Tempête sur Nogales, de Thierry Berlanda, est comme ses romans suivants, L'insigne du boiteux et la Fureur du Prince, parfaitement ciselé et réglé comme une machine infernale. Page après page, la pression et la température montent en puissance exactement comme dans un désert chauffé à blanc monte une tempête que nulle force humaine ne peut arrêter. 
Vous serez emporté dans les tourbillons de cette langue mutante et inouïe qu'invente Berlanda, une langue que doivent parler les humains parvenus aux portes de l'enfer, des vivants qui survivent sans plus savoir ni pourquoi ni comment et qui demeurent pourtant jetés là, comme suspendus à la beauté hypnotique d'un ange trompeur, alors que monte à l’horizon l’inéluctable catastrophe.
Les romans véritables ne sont pas ceux qui se contentent de nous divertir un moment pour nous faire oublier la vie que nous menons, quitte à nous faire trembler de peur pour y parvenir, mais ceux qui, tout au contraire, nous pénètrent, nous habitent, nous travaillent, ceux qui, reprenant vie en nous, sondent nos couches profondes pour les retourner vers un sursaut, un regain de vie, ceux qui comme des tempêtes au dedans libèrent en nous des horizons dégagés et des cieux nouveaux.
Tempête sur Nogales est un tel roman, une oeuvre de la vie pour la vie, une oeuvre d'art.




Les premières lignes du roman : 

Entre Tombstone et Nogales, c’est un coup de soleil de mille ans. Dôme de feu. 
Nœuds de poussière où l’air s’étrangle, paquets de rocs affilés par le vent et 
lézards en plein twist. Vous secouez le tableau dans tous les sens, ça ne change rien. 
Ici, n’importe quoi égale tout le reste. Vous pouvez rouler 87 miles sans voir que sable et ciel. 
Sable un peu bleu,  ciel un peu jaune... 

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