mercredi 30 juillet 2014

La Vie ne peut que se donner


Grâce à Thérèse de l'Enfant Jésus



Au couvent des carmélites de Lisieux, quand venait le mois de juin, la jeune Thérèse de l'Enfant Jésus et ses soeurs novices recueillaient les pétales des roses pour les jeter en chantant au crucifix. 

Ces performances avant l'heure étaient pour ces jeunes soeurs des actions de grâce, à savoir des gestes de gratitude, de louange et d’offrande à l’Epoux, au Bien-Aimé Jésus, de toutes les actions de leur journée. Thérèse écrit à cette époque qu’elle offre à Jésus chaque battement de son coeur.  

Les mille actions quotidiennes d’une carmélite sont des plus humbles : préparer les repas, laver le linge, soigner les malades, repriser une chemise, écouter, regarder, lire, méditer, prier, chanter, communier, aimer...

En vérité, les gestes les plus ordinaires de nos vies deviennent extraordinaires pour autant que de bonne grâce nous nous reconnaissions incapables de nous donner le pouvoir qui les permet, que nous comprenions que nous recevons ce pouvoir d’agir d’une puissance qui le détient.

Pour les chrétiens, Celui qui possède la puissance de donner la vie et tous ses pouvoirs d’agir se nomme Dieu, le Verbe, la Vie en Personne. 
Une Personne qui nous donne la Vie qu’il est et qu’il a. Et, avec ce Don, la liberté de le recevoir et de l’aimer Lui, la Personne divine qui nous le fait. 
Mais ce don de la liberté exige aussi que chacun soit libre de prendre pour lui  la vie qu’il reçoit afin d’en jouir à sa guise ; de jouir alors de la liberté de ne pas se placer, comme Thérèse et les chrétiens, dans la reconnaissance et la gratitude pour la Vie qui se donne et se redonne sans cesse, la liberté, tragique alors en vérité mais si commune, de ne pas comprendre le secret de la Vie dont chacun de nous jouit, un secret qui ne se révèle qu’aux coeurs humbles et reconnaissants, un secret qui est celui ci : la Vie ne peut que se donner.

Heureux et ressuscités dors et déjà sont ceux à qui se révèle ce secret que la Vie est ce Don absolu par lequel nous vivons éternellement en Elle.  La Vie est le mouvement même du Don premier qui se reçoit pour se donner. Un mouvement dont le Nom est Amour. C’est pourquoi, nous dit saint Jean, Dieu est Amour.



La jeune Thérèse, méditant toutes ces choses en son coeur ne tarda pas à reconnaître son insuffisance à aimer Dieu et ses semblables, alors même qu’elle en avait le vif désir. 

Comprenant d’abord que la vie est un Don de Dieu, elle comprend que l’amour est un autre don de Dieu. Alors, le plus humblement et le plus franchement du monde, elle demande à Dieu de lui faire don de l’amour. Cette demande simple et directe à la Vie en Personne, Thérèse l’appelle sa Petite Voie, ouvrant ainsi pour tous une Voie si simple que personne avant elle, même saint ou sainte, n’avait osé l'inaugurer.

La Grâce vidéo que je montre ici,  intitulée Rose recrée à Mérigny, est un symbole de tout cela : grâce à un petit tour technique ce petit film retourne le temps et montre que si il est facile de cueillir et d'effeuiller une rose, nul en ce monde n’a le pouvoir de la recréer , de lui redonner vie véritablement, sinon Dieu et ses rosiers à chaque printemps. De même en est-il pour toutes les créatures vivantes, de même en est-il pour nos vies qui nous sont données pour être données à leur tour. Car là est la loi de la Vie, le secret d'Amour du Vivant.

Illustrations : 
Grâce vidéo par Robert Empain : une séquence extraite du film Vivre d'Amour, dédié à sainte Thérèse présenté à Bruxelles dans le cadre de notre exposition en 2009.
Portrait photographique de Thérèse Martin.


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