mercredi 21 décembre 2016

Ferons-nous triompher la Vie en nous ?



 Grâce à vous artistes chrétiens

Chers amis, je propose à votre méditation cette peinture de Pierre Brueghel l'Ancien, intitulée Le Triomphe de la mort (1562), alors que la ville d'Alep et ses survivants passent des mains d'abominables criminels aux mains de criminels abominables, alors que la mort semble triompher partout sur la Terre, alors pourtant que nous approchons de Noël, jour de la naissance de l'Enfant Jésus et du Ressuscité qui chaque jour renouvelle pour ceux qui en veulent Le Triomphe de la vie !


Le Triomphe de la mort par Pierre Brueghel 

peut être vu en détail ici 



Extrait de Ad Imaginem Dei II L'oeuvre à venir

par Robert Empain


... Pourtant, et aussi paradoxal que cela paraisse, cette peinture peut ressusciter la vie !  Par la beauté de ses formes, de ses couleurs, de sa composition, de son espace, par la complexité d'une série tableaux rassemblés en un seul, par toutes ces choses qui peuvent susciter en nous des résonances intérieures quand elles sont regardées de manière abstraite — c'est-à-dire en faisant abstraction du sujet — mais aussi et justement par ce sujet lui-même : un massacre !  Un étrange massacre en vérité puisqu'il s'agit d'un peuple de morts qui massacre un peuple de vivants !

Un tel spectacle aucun reportage d'actualités, aucun film ne peut le montrer ni atteindre la force de suggestion et de sidération de ce tableau, de cette oeuvre d'art en vérité, que nous regardons non pas comme un document, une fable ou une allégorie, mais comme une vision, une vision peinte où est donnée à voir une réalité invisible, une réalité spirituelle.

Ainsi, quand Pierre Brueghel peint un peuple de morts massacrant un peuple de vivants dans une nuit de fin du monde, ce n'est pas par naïveté ou par fantaisie, par malice ou par goût du macabre, comme on pourrait le penser, mais  parce qu'il est chrétien.

Etre chrétien c'est être envoyé pour annoncer la bonne nouvelle, la nouvelle toujours nouvelle que le Christ est venu nous révéler. Une nouvelle qui retourne le monde sur lui-même et qui pour cette raison même reste incroyable pour la plupart des hommes.


Brueghel qui est croyant, peintre, visionnaire et très rusé, est aussi au fait de l'incrédulité des hommes. C'est pourquoi il cherche pour commencer à attirer leur attention sur le spectacle paradoxal d'une armée de morts qui torturent, pendent, brûlent égorgent une foule de vivants. L'attention de l'homme captée, il sera pris, espère le peintre, par un désir de comprendre cette énigme, ce paradoxe, et, l'ayant compris, par le désir d'en sortir, de se ressaisir, de se retourner vers la vie, c'est-à-dire par le désir de ressusciter !
Voilà en une phrase ce que cherche à faire ce tableau et ce qui fait de lui une oeuvre chrétienne, car est chrétien tout ce qui vient et qui va à la Vie.

Et pour comprendre, tout homme sensé se demandera : mais comment des morts peuvent-ils exterminer les vivants ?
Et il répondra sans hésiter que les morts ne peuvent pas faire une telle chose, parce qu'en vérité les morts ne peuvent rien faire, ni marcher ni tenir une arme ni désirer tuer ni tuer qui que ce soit.
Arrivé à ce point, chacun comprendra du même coup que les armées de squelettes que montre Brueghel ne sont pas des morts mais des vivants, des vivants qui vivent comme si ils étaient morts, des vivants qui massacrent d'autres vivants, des vivants qui sont en quelque sorte obsédés par la mort, possédés par son idée, par son spectacle, des hommes vivants qui s'imaginent condamnés à mort, c'est-à-dire mortels, des vivants, qui paradoxalement adorent la mort puisqu'ils semblent s'en rassasier, se délecter de la voir à l'oeuvre et de se la donner les uns aux autres.

Ce que peint Brueghel ce ne sont donc que des humains ordinaires, des humains qui se croient mortels et qui se font meurtriers, des humains qui passent leur temps à s'accuser de tous les maux, des humains qui vouent leurs vie à se venger les uns les autres, des vivants qui en viennent à détester la vie en eux comme en tous, à se torturer, à se massacrer, à tuer tout ce qui vit, les animaux et les plantes ; des humains qui font de la mort la chose la plus répandue et la plus banale au monde, exactement comme le font les armées de squelettes dans ce tableau ; exactement comme le font les armées d'hommes depuis la création du monde, exactement comme le font des millions d'humains qui chaque soir, en s'empiffrant d'une nourriture qui les tuera, regarde à la télévision d'autres humains se massacrer devant des caméras.
Des humains qui vouent leurs vies à faire de la Terre un vaste champs de bataille, un camps d'extermination, une fosse commune, un enfer !
Des humains qui font d'eux mêmes des sanguinaires, des partisans de la condamnation et de la vengeance, des maniaques de l'extermination, des vivants qui font triompher en eux la mort, bref des morts vivants, des démons ! Très exactement ce que nous montre cette peinture de Pierre Brueghel L'Ancien, Le Triomphe de la mort ! 



Nativité par Robert Campin



Le Christ est venu pour ces hommes.  Et Pierre Brueghel l'Ancien, en chrétien, peint pour eux. Pour ceux qui se croient condamnés à mort par la vie, pour ceux qui s'imaginent mortels alors qu'ils sont en vie, ou parce qu'ils sont vivants. Pour tous les vivants qui craingnent de perdre une vie qu'ils ont déjà. Pour tous les hommes malades de la mort, pour une Humanité qui chaque jour avance vers son suicide.

Le Christ est venu et vient dire à ces hommes que la mort qu'ils imaginent n'existe pas, que la mort est un mensonge.

Le Christ est venu et vient dire que la vie, la seule et vraie vie dont ils vivent est celle dont il vit Lui-même, et que cette vie ne veut ni ne peut mourir puisqu'elle est éternelle.

Le Christ est venu, vient et viendra dire aux incrédules jusqu'à ce qu'ils l'entendent que la vie leur est donnée à tout jamais, qu'elle ne leur sera jamais enlevée quant bien même ils voueraient leurs vies à la nier en eux et en leur semblables, quant bien même ils se massacreraient indéfiniment, ils ne feront jamais que meurtrir et massacrer leurs corps et torturer leurs âmes, sans jamais tuer la vie en eux, la vie qui en eux ne peut mourir.

Le Christ est venu, vient et viendra nous répéter le temps qu'il faufra pour que nous le comprenions, que la vie dont nous vivons  est un esprit éternel dans une âme immortelle.  Car le Christ désire nous faire comprendre que plus nous persisterons à nier la vie en nous plus nous souffrirons, plus nous nous enfoncerons dans la nuit absurde du massacre et de la vengeance, plus nous donnerons réalité à l'enfer que nous redoutons. Un enfer où il n'y a pas de mort mais seulement des vivants qui désirent une mort qui n'est pas, une mort qu'ils imaginent et qu'ils n'obtiendront jamais même quand ils la demanderont alors qu'ils s'infligeront les pires souffrances.

Et pour prouver ce qu'il est venu dire aux incrédules, aux mortels mordicus, aux fanatiques de la mort, aux endiablés qui se condamnent eux-mêmes à la vie infernale, le Christ Jésus se laissa prendre par eux, il se laissera torturer et crucifier et, mesurant leur ignorance et leur aveuglement, par amour pour eux, il leur pardonna et il ressuscita trois jours après avoir été mis au tombeau, comme il le leur avait annoncé.

Combien de temps encore laisserons-nous la mort triompher en nous au lieu de faire triompher la Vie ?



La Descente aux enfers du Christ, peintre anonyme 

en voir et en savoir plus ici




Texte : Robert Empain 1990, revu en 2016

  



2 commentaires:

  1. C'est magnifique et audacieux.Je déteste le prosélytisme en revanche je loue l'exemple.Je regrette n'avoir pas entendu ni vu beaucoup d'audace venant de la chrétienté ces dernières décennies.J'ignore si le fondement , le vrai,le basique ,l'original de l'Islam est en discordance avec l'orientation de ce texte.Je crois personnellement en effet que le véritable amalgame dont nous souffrons tous en ce moment est celui de la Source et de son interprétation.

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  2. Le Triomphe de la mort , magnifique peinture de Peter Brueghel !
    Merci pour tous ces articles :)

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