jeudi 15 janvier 2015

Où il s'agit d'échapper à la mort de son vivant


Ad Imaginem Dei 1 L’oeuvre invisible, est le premier tome d'une série que je rassemble à partir de mes notes de voyages et de mes carnets d’artiste commencés en 1980.
Le titre de cette note : Où il s'agit d'échapper à la mort de son vivant, est l'exergue de ce livre... 







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Ad Imaginem Dei ?

Ces trois mots tirés de la Genèse Ad Imaginem Dei - À l'Image de Dieu et Vers l'Image de Dieu - désignent l'origine et l'orientation donnée à chaque Homme par le Dieu Vivant.   
Ces trois mots ont guidé ma vie et donc tout ce que je peins et écris, comme ils ont guidé la vie des créateurs dont je parle dans ce livre. Comme eux sans doute, je sais que je suis incapable de m’apporter moi même dans la vie, me reconnaissant alors la recevoir d’un Don, celui d'une Vie première qui elle a le pouvoir de se donner vie à elle-même et de me la donner ensuite, ainsi qu'à nous tous : la Vie absolue (1). 
En chrétien, je dis : je suis vivant par le Père qui avant que le monde soit et par une grâce inconditionnelle et ineffable m'appela à la vie, à sa Vie, à son Image vivante, ainsi que toi qui lit ces mots par le pouvoir de la vie qui t'habite. 
Le Père est le Nom invoqué par Jésus de Celui, Unique, qui ne cesse de nous faire vivants à son Image et pour sa ressemblance (Genèse 1,26), à savoir par amour et pour l'amour.





Paul Cézanne est un compagnon rencontré sur le chemin
de la vérité en Peinture. Je l'évoque longuement dans Ad Imaginem Dei



Dans les années quatre-vingts, années de déchirements et de grâces pour moi, années sources de ce premier livre, usant de ma liberté de l'invoquer, j'ai appelé le Père de toute vie Vivant Amour ! par je reconnaissais en lui Celui qui nous donne sa Vie par amour. 
Il est le Père qui, par Marie notre Mère, donne son Fils unique pour accomplir et révéler aux hommes Celui qu'il est en vérité ; le Fils, Jésus, renié et crucifié par les hommes pardonne aux hommes par amour pour les hommes et témoignage de l'Amour du Père. Ressuscité le Fils est monté auprès du Père d'où il ne cesse d'envoyer L'Esprit de Vérité qui insuffle dans les coeurs de ceux qui le désirent la Ressemblance accomplie par le Fils, qui est l'Amour qui donne la Vie éternelle.

Mais si avec le monde nous disons : cette histoire d'amour est décidément trop belle pour être vraie, c'est une folie, un drogue pour les peuples, une fable pour les enfants ou quelque-chose du même genre, nous perpétuons, par vanité, par aveuglement, par ignorance, le drame initial de notre exil de la vérité, nous pétrifions nos coeurs dans la négation du Don, nous vivons encore oui, mais comme des morts-vivants. C'est cela, littéralement, exister : vivre mais sans savoir pourquoi ni pour qui, ni par qui, vivre comme la plupart d'entre nous qui vivent certes mais qui ignorent la Vie en eux et en l'autre et qui s'affairent alors dans un monde absurde où ils s'épuisent à désirer les objets que ce monde sans amour a fabriqué pour eux, les morts-vivants ! Objet nous le sommes devenus nous-mêmes, avec tout ce qui vit, en devenant objets de mesures et de calcul avec les sciences, objets de désir avec les sciences humaines, objets de commerce avec le marketing, la prostitution, la pornographie généralisés. De vivants objets morts ce que sont devenus la plupart des humains qui en viennent, ou en viendront un jour ou l'autre, sans savoir comment ni pourquoi, au dégoût d'eux-mêmes, au dégoût des autres, au mépris du tout, au désir de fuir leurs existences insupportables de morts-vivants, et qui en viendront à préférer la mort à la vie mais toutefois y parvenir, car même niée la vie en eux est éternelle, et dès lors éternellement niée. Cette condition nos traditions lui ont donné un nom : l'Enfer. 


L’oeuvre invisible ?

Ce livre de 373 pages, commence donc le récit de ma longue histoire d’amour avec la Vie. La Vie qui m’a aimé la première. 
Ce texte, tiré de mes carnets des années quatre-vingts en partie reconstitués, complétés et modifiés quant aux noms des personnes évoquées, suit l’itinéraire tâtonnant du jeune marié dépité, du créatif choyé et du peintre inconnu que j’étais alors, qui, poussé par la Nécessité intérieure (2), qui n'est autre que l'appel de la Vie en nous, passe des agences de publicité, des studios et des salles de montages animées, à l'atelier silencieux, de la créativité à l'Imagination créatrice, des images fabriquées aux oeuvres d'art, du dehors au dedans, du visible à l’invisible, du désir à l’amour, de l’existence à la Vie, des idoles à la Vraie Image, aimante, aimée et vivante de Dieu - que je suis, que vous êtes, que nous sommes tous par naissance et vocation. 
Passant outre aux barrières d’illusions et de doutes que l’adversité du monde dresse devant nous ; passant par les portes de Beauté qu'élèvent les artistes, les fils - peintres, les musiciens, les poètes, mystiques - guidés du dedans vers une lumière qui n'est pas de ce monde, je commençai à entrevoir des lueurs que les songes allumaient dans ma Nuit.





La Vierge en gloire entre saint Augustin et saint Pierre vénérée 
par un donateur, un tableau initiatique de 1435 de Robert Campin
 rencontré en personne sur le chemin qui conduit à la Vraie Image.


Au cours de ce parcours j'ai compris que la seule oeuvre digne d’être accomplie par un vivant échappe à toute appropriation en ce monde car elle n'est autre que celle que la Vie accomplit invisiblement en nous dès lors qu'ayant abandonné le monde et ses leurres nous nous confions corps, âme et esprit à son Esprit créateur, le laissant parachever son oeuvre en nos coeurs éblouis. C’est ainsi que sur mon chemin, ma pratique de peintre céda peu à peu la place à des créations immatérielles, à l'écriture, d'abord, à des Actions de grâce ensuite...
Mais ce passage sera décrit dans les livres suivants...
 
(1) Michel Henry
(2) Wassily Kandinsky


Texte de Robert Empain. 2014
Illustrations Paul Cézanne et  Robert Campin, deux artiste présents dans Ad Imaginem Dei 1 L"oeuvre invisible 



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