jeudi 3 novembre 2016

Ils sont repartis chez eux des étoiles plein les yeux

 Grâce à Charlotte Dunker

     Surdouée pour le dessin, Charlotte Dunker est sortie de l'Atelier de dessin l'Académie des Beaux Arts de Tournai en 2010. La même année elle participait avec le groupe Grâce à l'exposition Viens, Esprit Saint à l'église des Minimes à Bruxelles, où elle présentait dans les vitrines qui retracent l'histoire extraordinaire de ce lieu, des miniatures à l'huile qui retracent l'histoire des personnes qui avaient marqué sa vie. A propos de cette installation, j'écrivais alors : Il est nécessaire de s’approcher de ces peintures pour les regarder, pour s’y exposer et pour entrer alors dans leur intimité, dans l’histoire de ces personnes et de la famille de l’artiste qui pourrait tout aussi bien être la nôtre, et qui l’est en vérité puisque nous formons, que nous le sachions ou non, une seule famille humaine issue d’un même Père. Charlotte Dunker dessine et peint à partir des rares images qui de nos jours sont encore faites par amour et qui sans tricher en témoignent. De ces images qui désirent garder la vie vécue, précieuse, passée et partagée avec des personnes aimées, la jeune artiste fait des peintures qui viennent redoubler les regards, l’attention et l’amour et qui alors, par la force de l’Esprit qui est l’Amour en Personne, ressuscitent un peu d’amour en nous pour ces inconnus qui nous ressemblent tant." 
Par la suite Charlotte Dunker présenta sont travail dans quelques bonnes galeries de Bruxelles, où il  fut exposé et vendu rapidement. Mais bien vite, selon ses termes, elle se sentit étouffer dans ce rôle de l'artiste fabricant de beaux dessins pour le marché et les foires d'art, elle se sentit dépérir car son travail perdait de son sens, de sa nécessité intérieure. Courageusement, elle prit ses distances avec les marchands et se mit à la recherche d'une autre manière d'être artiste aujourd'hui. C'est de cette autre manière d'être artiste dont elle parle dans un texte que nous publions ici avec joie. 
Cette expérience est menée dans le cadre de sa collaboration avec le SMart, une organisation qui apporte des réponses concrètes en proposant conseils, formations et outils administratifs, juridiques, fiscaux et financiers, pour simplifier et légaliser l’activité professionnelle des travailleurs autonomes et des artistes. Nous sommes heureux de partager et de faire connaître ici le témoignage de Charlotte qui montre très concrètement comment l'art peut bel et bien ressusciter la vie non seulement des artistes mais aussi celles des personnes avec et pour lesquelles cet art est fait ! Cette expérience pourra en outre ouvrir des perspectives humainement enrichissantes aux artistes confrontés à la réalité strictement lucrative et mortifère de l'art marchand contemporain, officiel et institutionnel.   







Huiles sur papier de Charlotte Dunker. 2010



" Après l’obtention de mon Master en arts plastiques, visuels et de l’espace, obtenu à l’Académie des Beaux-arts de Tournai en 2010, j’ai suivi une spécialisation toujours en cours en art thérapie au centre Rhapsodie. J’ai construit mon projet professionnel sur l’accès à l’art pour les personnes malades, marginalisées dans leur situation psycho-sociale ou dans une situation de handicap. Et cela à travers des ateliers créatifs, par lesquels je souhaite rendre l’art accessible à tous.

Forte de mes années d’expériences dans le secteur de la santé mentale et plus spécifiquement dans l’animation d’ateliers, j’ai développé une méthodologie qui vise à apporter le meilleur cadre possible pour la pleine réalisation et l’expression des personnes avec lesquelles je mène les projets.

A présent, je monte des projets artistiques dans différentes structures : hôpitaux, maisons de repos, centres psychiatriques, centres spécialisés, culturels, musées, a.s.b.l. d’éducation permanente, écoles, etc,  A cet effet, j’invite les participants à se réunir autour d’une thématique pendant plusieurs séances. Pour clôturer l’atelier construit avec les participants, nous réalisons une exposition, une édition, un film ou un documentaire sonore avec leurs dessins et/ou leurs témoignages. Ces ateliers sont nés de rencontres déterminantes avec les résidents et les professionnels des centres dans lesquelles je suis intervenue.

Développés en collaboration avec des professionnels de santé, j’ai la conviction que ces ateliers créatifs ont une réelle valeur thérapeutique. Ce qui a été ouvertement validé par les instances médicales. Chaque atelier est conçu selon l’institution et réfléchi pour la «pleine» réalisation et l’expression des personnes. Grâce aux partenariats avec des musées, des évènements culturels et des chaînes de télévision, ces projets offrent une visibilité valorisante et un moyen d’expression aux participants pour recréer du lien avec la société.

La diversité des publics et des projets ainsi que la qualité des relations humaines sont d’une richesse extraordinaire. Parmi mes expériences, j’ai travaillé au Village n°1 avec des personnes en situation de handicap mental, en psycho-gériatrie à la Clinique Saint Jean à Bruxelles ainsi qu’à l’école La Famille (école de type 4). Ces expériences furent les plus intenses et lumineuses interventions de mon parcours. Je construis une relation particulière avec ces publics.


Créative, enthousiaste, empathique, dotée d’une grande aisance relationnelle et d’une grande capacité d’écoute, je suis convaincue de contribuer en équipe à l’élaboration d’un environnement propice au mieux-être et à l’épanouissement des bénéficiaires d’établissements de soins. Avec mes expériences en art-thérapie, je participe à un travail d’évaluation psychologique et je construis des outils précis d’aide à ces personnes présentant des difficultés d’adaptation.

J’espère vous que vous aurez le temps de visionner ces quelques courts-métrages et qu’ils vous plairont.



 
Le temps, pourquoi penser à ça… 
Voici la trace des ateliers mené au sein de la maison de repos Schuman le noble âge.








On prend Pépé avec !
Ce court-métrage a été réalisé avec les résidents du Village n°1 à Ophain. Il a été montré lors de la Museum Night fever 2016. Aller au-devant des publics dits « fragiles », intervenir avec des personnes en situation de handicap m’intéresse tout particulièrement. Ce qui fait sens pour moi c’est de leur offrir une porte d’entrée dans le monde de l’art, de leur montrer que c’est aussi possible pour eux de monter des projets… qu’ils peuvent être acteurs, expérimenter, aller dans les musées, participer à un projet culturel. Près de 2000 personnes sont passées au musée lors de la soirée. C’était vraiment fabuleux de présenter le court-métrage aux participants dans ce contexte. Ils étaient ravis, ils sont repartis chez eux des étoiles plein les yeux, m’a-t-on dit !" Charlotte Dunker

Illustrations, texte, huiles et vidéos : Charlotte Dunker 

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