mardi 15 novembre 2016

Proclamer la Vie contre la mort est la raison d'être de ce livre



Ad Imaginem Dei 1 L’oeuvre invisible, le premier tome d'une série que je rassemble à partir de mes notes d'atelier et de mes carnets d’artiste de 1980 à nos jours.





Ce livre est disponible ici sur iTunes Store pour iBooks 
et sur Amazon pour Kindle au prix amical de 3,99 €


Ad Imaginem Dei ?

Ces trois mots Ad Imaginem Dei - À l'Image de Dieu, ou mieux encore Vers l'Image de Dieu - désignent l'origine et l'orientation donnée à chaque Homme par le Dieu Vivant.  
Ces trois mots ont guidé ma vie, comme tout ce que je peins et écris, comme ils ont guidé la vie des créateurs dont je parle dans ce livre. Comme eux sans doute, je me reconnais incapable de m’apporter moi même dans la vie, me reconnaissant alors la recevoir d’un Don, celui d'une Vie qui elle a le pouvoir de se donner vie à elle-même et de me la donner ensuite ainsi qu'à nous tous : la Vie absolue (1). En chrétien, je dirais : je suis vivant par le Père qui avant que le monde paraisse et par une grâce inconditionnelle et ineffable m'appela à la vie. Le Père est le Nom de Celui qui nous fait vivants à son Image et pour sa ressemblance - Genèse 1,26





Paul Cézanne est un compagnon rencontré sur le chemin
de la vérité en Peinture. Je l'évoque longuement dans Ad Imaginem Dei



Le Vivant est Amour absolu Liberté absolue.  Il est Celui qui est et qui sera. Il est le Père, le Fils et l'Esprit qui nous désirent éternellement dans leur Ressemblance, c'est-à-dire librement et parfaitement advenus à nous-mêmes. Si avec le monde nous disons : cette histoire est une fable, elle est décidément trop belle pour être vraie, ou quelque-chose du même genre, nous perpétuons, par vanité aveugle, le drame initial de notre exil en terre mortelle, en terre d’ego exilés. Ce non au don de la Vie qui ne peut que se donner, est refus de la grâce qui nous donne de nous donner à notre tour gratuitement et à profusion, refus de faire croître infiniment la Vie en nous ; il est aussi pétrification, suspens de nos vies dans le temps indéfini de notre existence, de notre égoïsme et de notre ingratitude.

L’oeuvre invisible ?
Ce premier livre commence le récit de ma longue histoire d’amour avec la Vie qui m’a aimé la première. Ce premier tome est tiré de mes carnets des années quatre-vingts en partie reconstitués, complétés et modifiés quant aux noms des personnes évoquées. Il  suit l’itinéraire tâtonnant du jeune marié dépité, du créatif choyé et du peintre inconnu que j’étais alors, et qui, poussé par la Nécessité intérieure (2) - qui n'est autre que l'appel de la Vie en nous - passe des agences, des studios et des salles de montages en effervescence à l'atelier silencieux, de l’inventivité créative à l'Imagination créatrice, des images fabriquées et souvent falsifiées aux oeuvres d'art, du dehors au dedans, du visible à l’invisible, du désir à l’amour, de l’existence à la Vie, des idoles à la Vraie Image, aimante, aimée et vivante de Dieu - que je suis, que vous êtes, que nous sommes tous par naissance et vocation.  Passant les barrières d’illusions et de doutes que l’adversité du monde dresse devant nous, traversant les portes de Beauté qu'élèvent les artistes, les peintres, les musiciens, les poètes et  les mystiques, guidé du dedans vers une lumière qui n'est pas de ce monde, je commençai à entrevoir des lueurs que les songes allumaient dans ma Nuit.





La Vierge en gloire entre saint Augustin et saint Pierre vénérée 
par un donateur, un tableau initiatique de 1435 de Robert Campin
 rencontré en personne sur le chemin qui conduit à la Vraie Image.



Dans ce long parcours initiatique, je compris que la seule oeuvre digne d’être accomplie par un être humain échappe à toute appropriation en ce monde, car elle n'est autre que celle que la Vie accomplit invisiblement en nous dès lors qu'ayant abandonné le monde et ses leurres nous nous confions corps, âme et esprit à son Esprit créateur, le laissant parachever son oeuvre en nos coeurs éblouis. C’est ainsi que sur mon chemin, ma pratique de peintre céda peu à peu la place à des créations immatérielles, que je nommai des Actions de grâce... 
Mais ce passage sera décrits dans les livres suivants.

Pourquoi publier ce livre aujourd'hui ?
Après avoir tué Dieu en eux et déclaré sa mort certaine, après avoir oublié la Vie absolue dont ils vivent et s’être ainsi niés et assassinés spirituellement, les hommes modernes sont devenus des morts-vivants qui s’ignorent. Ivres des pouvoirs dont ils ne disposent que par grâce et qu’ils ne font qu’usurper, les hommes, plus ténébreux et vaniteux que jamais, sont persuadés de vivre à l’âge des lumières et de conduire un Progrès qui leur procurera bientôt la possession de la vie et sa jouissance perpétuelle. Pourtant, qui ne voit que les hommes s’appliquent savamment à asservir et à détruire tout ce qui vit et à parachever la réalisation de l’Enfer sur la Terre ? 




Portrait de Robert Empain travaillant au grand Pèlerin...
Photographie de Bernard Foubert



En ce monde parvenu au comble de l’absurde et du péril, le moindre des vivants se sentant porteur d’un peu de la lumière de la Vie ne doit-il pas proclamer la Parole qui peut nous sauver ? Ne doit-il pas proclamer qu'il est nous possible d'échapper à la mort de notre vivant ? Les artistes - dont je suis - ne doivent-ils pas créer et agir en ce sens de toutes leurs forces et de toutes les manières que l’Imagination créatrice leur soufflera ? Les poètes, que nous sommes tous par vocation, ne doivent-ils pas témoigner inlassablement que la vie est le chef-d’oeuvre absolu qui outrepasse infiniment en Beauté et en Valeur toutes les oeuvres du monde ? Ne faut-il pas soutenir que la Vie seule donne son sens à l’Univers ainsi qu'à nous tous les vivants qui n’existons que par Elle, pour Elle, pour l’avènement de l’Amour ? Ne faut-il pas que dans ce monde voué au calcul, les chrétiens proclament avec le Christ Jésus que la connaissance véritable est d’aimer la Vie en eux, en chacun et en tous ? Si la Vie est bien celle que le Fils nous l'a révélée comme Notre Père à tous, ne faut-il proclamer cette connaissance inouïe comme une grâce qu’il suffit de recevoir pour que soient transfigurés l’univers et les vivants ?

C'est pourquoi mon témoignage aussi faible et faiblement entendu qu'il sera m’est apparu d'autant plus nécessaire que je voyais l'art contemporain - entendu comme l'art officiel et marchand de notre époque - s’enfoncer avec ses agents dans les ténèbres de la culture spectacle, de l’histoire de l’art en temps réel et du marché global spéculatif, renonçant  ainsi à sa vocation d’être un Art pour la vie et les vivants. 
Le système actuel mondial de l'art est tragiquement conduit par l'argent et l'idée d'un progrès continu qui, à l'instar du marketing, exige un flot continu de produits nouveaux. Les oeuvres d’art, tant celles du présent que du passé, sont niées dans un tel système où elles sont créées ou regardées comme produites par des vagues historiques successives et progressives et, dès lors, comme des produits à l'obsolescence programmée. Ce système, qui se croit libre et avancé, nie dans sa machinerie de néant l'art et les artistes, et avec eux la Vie que l'art a pour mission de révéler et d'accroître. Pourtant, simultanément et invisiblement, dans l’intériorité de nombreux vivants, au coeur même de notre Humanité, monte un Désir, une Espérance dans la Vie vraie et en son Oeuvre d’amour. 



(1) Michel Henry
(2) Wassily Kandinsky

Texte de Robert Empain
Illustrations Paul Cézanne et  Robert Campin, deux artistes présents dans Ad Imaginem Dei 1 L"oeuvre invisible 



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Partagez un commentaire sur cette publication