lundi 17 août 2015

Corps musical


Grâce à toi Wolfgang Amadeus Mozart


Voici le quintette (essentiel) avec clarinette de l'Ami Mozart et un texte extrait de Ad Imaginem Dei 1 L'oeuvre invisible ( premier tome d'une trilogie, sinon d'une tétralogie à venir ) tiré de mes carnets d'artiste des années quatre-vingt et de mes rencontres impérissables avec des oeuvres  d'art véridiques rencontrées en personne, comme le tentent sans le réaliser à chaque fois nombre de phénoménologues, car les oeuvres d'art se rencontrent là ou elles sont vécues en vérité, là où elles s' incarnent, pour devenir semblables aux personnes aimées, pour devenir alors chair de notre chair, moelle de nos os, coeur de notre Coeur, semblables au Vivant Amour en Personne qui vit en nous et nous donne de vivre en Lui à chaque battement de coeur.  Là est le secret, le miracle, la grâce vérifiable, chers amis, de nos vies...  
  



Wolfgang Amadeus Mozart Quintet for Clarinet and Strings in A major K 581



Depuis des mois, à l’atelier, je vis en immersion quasi continue dans la musique de Mozart. Cette musique s’immisce jusqu’aux fibres de l’âme pour y régner en maître. Aucune chance de lui échapper. Dictant sa loi, son temps, elle capilarise les sens, imprègne l’intelligence, malaxe le corps et le cœur. Ayant bu et mangé de cette musique, l’ayant incorporée, les êtres musicaux que forment ces orchestres de créatures invisibles d’ondes et de vibrations, deviennent nous, vivent en nous pour toujours ! Un opéra se chantera de lui-même en nous sans nous demander notre avis. Un quintette à cordes s'injectera spontanément dans nos muscles pour les bander et nous lancer malgré nous dans une danse. Un orchestre inconnu, caché dans notre cœur, jouera tout seul un passage de symphonie ou de messe. Si j'appelais cela du cannibalisme psychique, de la greffe de conscience, de la manipulation mnésique, je resterais à côté du phénomène. Je pourrais parler de supplément d’âme ou de transfusion charnelle mais c'est du Souffle vivant de l’Esprit qu'il s'agit.
Il est aisé d’imaginer Mozart entendant sa musique toute achevée en lui et d’admettre qu'il l'ait ensuite simplement retranscrite, c’est-à-dire littéralement notée.

La musique vivante, vécue, incorporée, nous accroît, nous rend plus vivants en nous révélant notre corps musical, qui est aussi le corps musical des musiciens passés, présents et avenirs
Les anges, nos amis et alliés éternels, sont musiciens. Ils ne cessent de descendre, par amour, dans telle ou telle âme humaine pour lui souffler un air de musique céleste qu'il suffit alors au musicien qui écoute de noter avec art et attention pour en faire une sonate, un concerto, une symphonie, un opéra et mille variantes d’animations de l'air terrestre mis en mouvement par le Souffle vital de l’Esprit. Ces mouvements, ces motions de l'Esprit ainsi retranscrites sont capables de s'insuffler dans les âmes et les corps des apprentis vivants que nous sommes quand ces musiques sont rejouées pour nous réjouir, nous émouvoir, nous mouvoir, mais surtout pour ranimer en nous le Souffle de vie oublié. Les anges musicaux rassemblés en un même chœur se réjouissent de nous réjouir et de nous rassembler dans un seul corps musical, un seul corps mystique, une même chair spirituelle, angélique, cosmique, invisible, amoureuse.
Voilà, selon moi, la manière de rendre grâce à nos ancêtres musiciens, poètes, sculpteurs ou peintres véritables qui ayant reçu l’inspiration du Souffle de vie ont su l’entendre et le préserver dans des œuvres qui par delà le temps et l’espace, peuvent pénétrer nos âmes disposées pour les travailler et les nourrir, les élever afin qu’elles puissent elles aussi  s’accroître et désirer transmettre ce Souffle vivant à l'infini à leurs frères humains. 
Je sais bien que lorsque les artistes parlent de cette façon les scientifiques se moquent gentiment de leur naïveté et pensent que ces grands enfants superstitieux parlent en métaphores. Mais ce ne sont pas des métaphores messieurs mais des réalités qui échappent à vos visées.


Echomusicographie. Planche d'anatomie subjective
pour le Cabinet d'art thérapie. Robert Empain. 1999


Texte et illustration : Robert Empain

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